En 1653, un essai de petite poste aurait eu lieu, organisé par Mr Renouard de Velayer, avec de nombreuses «  Boëstes aux lettres «, mais rien de valable n’est parvenu jusqu’à nous.

Plus réelle est la création de la petite poste de Paris, inventée et mise en place par Piarron de Chamousset, établie par déclaration royale en date du 8 juillet 1759, avec ouverture effective le 9 juin 1760. Cette innovation fut adoptée dans d’autres grandes villes de France : Bordeaux, Lyon, Nantes, Rouen, Nancy et Strasbourg. Ceci jusqu’au 28 juin 1780 où un arrêt du conseil du Roi révoque leur privilège.

Ayant été créée pour la collecte et la distribution des lettres dans les limites d’une ville et de sa banlieue, elle a nécessité la mise en place de tout un réseau de «  boîtiers «.

Le boîtier, dans les grandes villes, était un particulier généralement un petit boutiquier ou artisan qui acceptait de servir d’intermédiaire entre le public et l’Administration (moyennant une petite rétribution) pour le dépôt et l’affranchissement du courrier. Son service à Paris devait durer de 7 heures du matin jusqu’à 9 heures du soir.

Le boîtier doit disposer de deux boîtes fermées, l’une placée à l’extérieur de la maison, est destinée à recevoir les lettres non affranchies (port dû) à destination de Paris, des départements et de l’étranger, l’autre, placée à l’intérieur, est destinée à recevoir, en présence des particuliers, les lettres affranchies après qu’elles auront été revêtues du timbre P.P. (port payé) qui constate l’affranchissement. Le boîtier ne peut affranchir que les lettres simples (7,5g.) à destination de la Seine, de la Seine et Marne et de la Seine et Oise. Chaque boîtier est dépositaire d’un timbre indiquant le numéro de sa boîte à lettre du bureau d’où elle relève (chaque bureau de Paris est représenté par une lettre). Ce timbre est apposé sur les objets affranchis et sur chaque bulletin de levée. Il est, ensuite, renfermé sous clef. Les boîtes sont régulièrement levées 7 à 9 fois par jour par un facteur revêtu de l’uniforme complet de la Poste, pourtant sur la poitrine, une médaille avec ces mots : «  SERVICE DE PARIS «  et, en exergue « Administration des Postes «.

Les usagers peuvent lui remettre leurs lettres durant sa tournée de relevage, car il possède un sac en cuir fermé à clef, sur lequel est gravée la mention «  POSTE AUX LETTRES «, et muni d’une fente à clef  par laquelle  il glisse le courrier levé dans les boites et celui qui lui est remis par le public. Nous avons là, en quelque sorte, l’ancêtre de la boîte mobile. Le sac est ouvert au bureau et c’est le vérificateur du bureau qui appose la marque du facteur sur les lettres. Ce facteur releveur annonçait son passage à l’aide d’une «  claquette «.

 

 

Avant 1830, des particuliers possédaient une boite ou une ouverture dans la porte cochère, dans laquelle les coursiers venaient déposer des journaux, des prospectus, des factures ou des commandes. Or, ces ouvertures se confondaient avec les boîtes aux lettres des boitiers.

Devant l’importance des erreurs, le Directeur des Postes demanda, sans résultat, au Ministre de l’Intérieur la suppression de toutes ces boîtes. Il décida donc, en 1829, de placer un écusson aux armes de France sur les boîtes aux lettres du service des Postes.

 

 

La boîte aux lettres de 1830 fut une véritable invention améliorée au cours des ans : le coffre fut du même modèle : en bois, il était en principe encastré dans un mur situé au Nord (pour éviter les intempéries et les différences de température), à proximité d’un lieu public (mairie, école, église), seules les boîtes urbaines, plus grandes et plus lourdes, furent scellées sur les murs d’où la raison de leur rareté maintenant.

Seule la porte de ces boîtes évolua afin de féliciter le travail du facteur, mais aussi l’information des usagers sur l’heure de passage du facteur.

Nous trouvons jusqu’en 1900 six modèles de portes d’abord en bois puis en tôle munies d’indicateurs de levées de plus en plus précis.

 

 

Statistiques des portes créées à partir de 1868 : En 1868, les indicateurs prévoyaient 9 levées par jour. En 1874, 4 129 boîtes urbaines avaient entre une et sept levées quotidiennes, alors que 2 944 boîtes rurales étaient relevées de une à six fois par jour.

 

A la même date, il existait 18 640 tournées rurales de 8 à 46 kilomètres par jour, et 238 tournées de facteur-boîtier de 4 à 32 km.

 

5 196 communes possédaient un bureau de poste bénéficiant d’une à six distributions et 30 823 communes bénéficiaient d’une à quatre distributions.

 

Les constructeurs des portes en tôle (maisons Thiéry, puis Foucher) adressaient annuellement à chaque préfet une lettre et un tableau des boîtes possédant un indicateur mécanique de levées afin d’inciter les maires à acheter de telles portes (même avec un crédit de 2 ans).

 

C’est avec de tels tableaux que nous avons pu établir les statistiques suivantes.

Merci aux intervenants du Musée de la BAL